C'était un sac qu'on pouvait acheter pour moins d'une centaine de francs à l'époque, une sous-marque qu'on a honte de porter parce que le petit voisin a un Eastpak ou un Chevignon. Je l'ai eu pour ma rentrée en 5ème, pleins de petites poches, gris/noir. Avec le temps, il a commencé à avoir des trous dans le fond qui grandissaient avec le temps, les fermetures éclairs qui se fermaient plus, les scratches qui se décousaient, la sangle de fermeture principale qui se défaisait, et dernièrement une bretelle qui s'est arraché.

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est tout simplement parce que je l'ai jeté à la poubelle tout à l'heure après une dernière blessure qui lui fut fatale. Super passionnant pour un article de blog que quelqu'un qui jette un vieux sac vous me direz. Et pourtant, je n'ai put m'empêcher d'avoir un gros pincement au cœur et une larme sur la joue. La fatigue y joue sûrement dans l'émotion, mais elle était là. C'est con de s'attacher à un objet comme ça, mais ce sac m'a accompagné tout au long de mes périples jusqu'à aujourd'hui pendant presque 19 ans. Il m'a suivi au collège sans faillir, au lycée sans grogner. Quand j'ai dû partir d'Ajaccio pour aller à Montpellier, il m'a été d'un grand secours. Il m'a suivi quand je suis entré dans la vie active quand mon premier toit au dessus de la tête était une toile de tente. Il m'a accompagné dans mes stages à Chartres et Nancy, mes visites à la famille partout en France. Il m'a vu grandir, évoluer, Il m'a rendu service plus souvent que mes meilleurs amis. Quand je le voyais c'était un lien vers mon passé. Il me rappelait qui j'étais, quelles étaient mes erreurs et mes réussites, en gros mon identité. Luffy a son chapeau de paille, moi j'avais ce sac troué.

Bien sûr, j'ai d'autres vieux objets chez moi qui m'ont accompagnés tout au long de ma vie. Des peluches de mon enfance, un fauteuil qui a appartenu à mes parents avant que je naisse, une vieille tirelire Mafalda, mais jamais ils n'ont été aussi proche de moi que se sac qui trônait sur mon dos, ce fier guerrier qui a connu tous les temps. De manière générale, je pense que l'être humain a besoin d'objets de ce genre dans lesquels on y met une partie de soi, de son âme, de sa vie. Des souvenirs du passé qui nous évoquent plus que tous les albums photos réunis. Il y a un proverbe qui dit, ou c'est une citation de je sais plus qui, "Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens". Ces objets sont autant de miettes de pain sur le chemin de notre passé qui disparaissent avec le temps.

Bref. Adieu fidèle compagnon. Ce soir, tu auras droit à des funérailles vikings.